LES BÊTES FEROCES ATTAQUENT
Titre: Wild Beasts / Belve Feroci
Réalisateur: Franco Prosperi
Interprètes: Lorraine De Selle

 

John Aldrich
Ugo Bologna
Louisa Lloyd
John Stacy
Enzo Pezzu
Monica Nickel
Année: 1984
Genre: Horreur
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Un vétérinaire travaillant pour le zoo de Frankfort, Rip Berner, est informé par le policier Nat Braun de l’attaque d’un jeune couple par des hordes de rats enragés. Il apparait bientôt que l’eau des égouts a été polluée par du PCP, rendant les animaux agressifs et dangereux envers l’homme. Or, peut après, Berner constate que les cages du zoo sont ouvertes et que leurs pensionnaires sont libres de semer la terreur dans les rues de la ville, laquelle est en outre plongé dans l’obscurité à la suite d’une panne d’électricité.

Réalisé au début des années ’80, LES BETES FEROCES ATTAQUENT constitue un exemple représentatif du cinéma dit « d’agression animales », un sous-genre fécond dont les représentants les plus notables sont LES OISEAUX puis, bien sûr, LES DENTS DE LA MER et ses imitations comme PIRANHAS. Reprenant un schéma connu, proche du DAY OF THE ANIMALS de William Girdler, LES BETES FEROCES ATTAQUENT s’est taillé une jolie réputation auprès des amateurs l’ayant découvert dans les vidéoclubs des années ’80.

Certains avaient, pourtant, émis des réserves concernant le traitement des animaux proposé par un Franco Prosperi, peu réputé pour son respect à l’égard de la nature. Le cinéaste, en effet, a construit sa carrière sur le fameux MONDO CANE, prototype du « shockumentary » (ou « documenteur »), ces films racoleurs traitant complaisamment des curiosités et aberrations de notre planète. Créateur d’une mode un temps rentable (le « mondo »), le cinéaste poursuivit dans cette voie avec deux séquelles (MONDO CANE 2 et AFRIQUE ADIEU) et le similaire mais en partie fictionnel LES NEGRIERS. Prosperi livre, en 1984, LES BETES FEROCES ATTAQUENT, son ultime long métrage.

Visiblement influencé par les romans d’horreur « catastrophes » de James Herbert (et en particulier sa saga des « Rats ») et l’épouvante écologique des seventies (comme PROPHECY LE MONSTRE), LES BETES FEROCES ATTAQUENT place ses fauves meurtriers au cœur d’une grande métropole (ici Frankfort) et provoque un décalage judicieux entre la nature sauvage et l’apparente sécurité urbaine. Devenue le terrain de chasse nocturne des hordes féroces, la ville se voit, en outre, plongée dans une obscurité complice suite à une panne d’électricité, permettant à Prosperi de lâcher sur les pauvres citadins terrifiés des rats, des lions, un ours, des éléphants, un tigre, etc.

Dommage que l’image soit parfois trop sombre pour que l’on puisse réellement suivre l’action proposée car le métrage se montre inspiré lors des scènes de terreur. Utilisant des animaux dressés et des effets spéciaux discrets, le cinéaste donne une véritable énergie à son film, quitte à employer, pour corser la recette, l’un ou l’autre procédé discutable, directement hérité du mondo, comme une complaisance malsaine vis-à-vis des cruautés animales. Difficile de croire, par exemple, malgré les affirmations du générique, qu’aucun animal n’a souffert durant le tournage au vu des rats couinant sous les lance-flammes. Ces réserves exceptées, LES BETES FEROCES ATTAQUENT n’en demeure pas moins efficace, y compris lorsque Prosperi cligne des yeux aux classiques italiens en recréant l’attaque de l’aveugle par son chien popularisée par Dario Argento et déjà reprise par Lucio Fulci.

Si l’aspect choc est soigneusement entretenu, le métrage manque quand même de personnages intéressants pour dépasser son statut de simple série B. Le spectateur se sent peu concerné par leur sort et préfère, logiquement, reporter son attention sur la féroce ménagerie montrée dans ses œuvres. Les interprètes, pour leur part, effectuent un travail tout juste correct et ne cherchent jamais à élever le débat ou à donner la moindre épaisseur aux différents protagonistes. Dans un des rôles principaux, on retrouve cependant avec plaisir un des visages (ou plutôt un des corps) familiers du bis italien, celui de la malheureusement peu expressive Lorraine De Selle, vue dans CANNIBAL FEROX, LA MAISON AU FOND DU PARC et deux Women In Prison de Bruno Mattei tournés au début des années 80.

Peu original, linéaire et prévisible jusque dans sa conclusion pessimiste, typique d’un certain cinéma de genre apocalyptique des années 70 et 80, LES BETES FEROCES ATTAQUENT reste, malgré toutes ses faiblesses, un divertissement acceptable et plaisant.

Loin d’un classique oublié ou d’un chef d’œuvre méconnu, l’oeuvre de Prosperi se suit toutefois sans déplaisir pour les amateurs de séries B horrifiques et peut compter sur une poignée de scènes chocs pour emporter l’adhésion. Sans plus ni moins.

Attention, le film n'est pas édité en zone2! Un dvd reprend le visuel et le titre des BETES FEROCES ATTAQUENT mais cache en réalité la piètre séquelle de SOUDAIN...LES MONSTRES, LA MALEDICTION DES RATS!

Fred Pizzoferrato - Mai 2011