LES SORCIERES
Titre: The Witches
Réalisateur: Cyril Frankel
Interprètes: Joan Fontaine

 

Kay Walsh
Alec McCowen
Ann Bell
Ingrid Boulting
John Collin
Michele Dotrice
Année: 1966
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Grande Bretagne
Editeur Seven7
Critique:

Lorsque les passionnés de la Hammer évoquent les plus belles réussites de la vénérable firme britannique, peut osent placer dans un quelconque top ce curieux LES SORCIERES. Guère étonnant puisque si le long-métrage débute de fort belle manière, il s’écroule complètement durant son deuxième acte, tout simplement calamiteux.

Après avoir enseigné dans une école africaine, Gwen Mayfield rentre en Angleterre, victime d’une grave dépression suite aux manifestations de sorcellerie auxquelles elle a été confrontée. Décidée à remonter la pente, la jeune femme devient directrice d’une petite école de la campagne anglaise, dans un village d’apparence tranquille, Haddaby, où elle espère goûter à une reposante quiétude. Pourtant, elle est rapidement confrontée à des faits étranges et soupçonne certains villageois de pratiquer la magie noire…

Ayant essentiellement œuvré pour la télévision, l’oublié Cyril Frankel dirige cette production Hammer atypique qui s’annonçait sous les meilleurs auspices. Délaissant le décorum gothique ayant assuré le succès de la compagnie, LES SORCIERES s’inscrit dans un cadre anglais contemporain pour développer une intrigue de sorcellerie mystérieuse et prenante…du moins durant les quarante-cinq premières minutes. Le cinéaste laisse en effet grimper la tension et rend menaçant des faits apparemment anodins comme le dépeçage d’un lapin ou la présence d’un chat noir espion, familier d’une sorcière locale. Le mystère s’épaissis tandis que les événements tragiques se succèdent…après une noyade camouflée en accident, l’institutrice découvre l’influence d’une prêtresse païenne décidée à sacrifier une virginale demoiselle pour prolonger son existence de plusieurs décennies.

Hélas, à ce moment, LES SORCIERES perd tout intérêt : l’héroïne, droguée, sombre dans une nouvelle dépression et échoue dans une maison de repos où elle essaie, longuement, de rassembler ses souvenirs. Tout le second acte, languissant, parait malheureusement risible, l’enseignante agissant stupidement avant d’en arriver au sacrifice final attendu…une scène complètement ratée qui précède un happy-end désespérant.

Actrice fameuse ayant, entre autre, tourné sous la direction d’Alfred Hitchcock dans deux classiques (SOUPCONS et REBECCA), Joan Fontaine tente de donner le change et accomplit, dans l’ensemble, un travail fort honorable même si, proche de la cinquantaine, elle est peut-être un peu âgée pour le rôle. Ayant acquis les droits du roman, elle l’apporta elle-même à la Hammer qui le confia au talentueux scénariste Nigel Kneale (les QUATERMASS), lequel, dit-on, ne fut guère heureux du résultat à l’écran.

En dépit d’une première moitié intéressante et, à l’époque, originale (ces thèmes païens furent ensuite approfondis par de nombreux longs-métrages, dont NOTHING BUT THE NIGHT, THE WICKER MAN ou, très récemment, WAKE WOOD), LES SORCIRES échoue à intéresser le spectateur sur la longueur et ne constitue, au mieux, qu’une curiosité mineure réservée aux inconditionnels de la Hammer.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2014