SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME EN VERT
Titre: The Woman In Green
Réalisateur: Roy William Neill
Interprètes: Basil Rathbone

 

Nigel Bruce
Hillary Brooke
Henry Daniell
Paul Cavanagh
Matthew Boulton
 
Année: 1945
Genre: Policer / Sherlock Holmes
Pays: USA
Editeur Bach Films
Critique:

La saga de Sherlock Holmes se poursuit avec cette onzième aventure rassemblant une équipe à présent bien rodée. Basil Rathbone reprend évidemment la défroque du limier de Baker Street aux côtés d’un Nigel Bruce de plus en plus bouffon et cabotin incarnant à nouveau le bon vivant Watson.

Roy William Neill assure, pour sa part, la mise en scène pour la huitième fois et donne au récit un bon rythme en limitant judicieusement la durée à 70 minutes. L’intrigue se déroule au milieu des années ’40, comme la quasi-totalité des Holmes tourné par Rathbone (excepté les deux premiers), et ce pour des raisons essentiellement budgétaires.

Pas franchement original, le scénario reprend des éléments classiques du polar de l’époque (l’hypnotisme et l’usage de drogues pour contraindre un innocent à commettre un crime) et les mêle à une trame générale calquée sur celle de Jack l’éventreur. Un tueur en série sévit dans les rues de Londres et l’inspecteur Gregson de Scotlant Yard demande l’aide du célèbre détective Sherlock Holmes pour l’aider à résoudre cette délicate affaire. La jeune Maude Fenwick souhaite également que Holmes mène l’enquête sur son père, Sir George, dont le comportement mystérieux l’intrigue. Le prince des détectives aboutit, après diverses péripéties, à un club spécialisé dans l’hypnotisme et remonte une piste le menant tout droit à son insaisissable rival, le professeur Moriarty.

Pour la troisième fois (après THE VOICE OF TERROR et SHERLOCK HOLMES A WASHINGTON) Holmes affronte son plus terrible ennemi, le génie du mal en personne, le Professeur Moriarty. Une confrontation marquée par la retenue des deux adversaires qui, en vrai gentlemen, se rencontrent tranquillement à Baker Street, sans pratiquement s’adresser la parole, l’un et l’autre se connaissant si bien que les mots sont inutiles. « Tout ce que je pourrais dire vous le savez déjà » lance d’ailleurs le Napoléon du crime au plus grand détective de ce monde. Une belle séquence.

L’intrigue (partiellement inspirée des nouvelles « The Empty House » et « The Final Problem ») n’est pour sa part ni très novatrice ni très surprenante mais elle propose toutefois suffisamment de rebondissements et de péripéties pour contenter les amateurs du célèbre enquêteur. Au niveau des interprètes, Rathbone se montre comme toujours excellent, proposant sans doute le Holmes définitif, tandis que Bruce compose un Watson débonnaire, volubile et légèrement stupide apportant la touche humoristique nécessaire. Le pauvre docteur ne ressort pas grandi de ce traitement plutôt moqueur mais, dans l’ensemble, le duo qu’il forme avec le très austère Holmes fonctionne agréablement et ménage quelques scènes amusantes. Le bon Watson, confiant dans son intellect supérieur, affirme, par exemple, pouvoir résister à toute tentative d’hypnotisme…Une allégation démentie lors d’un passage toujours divertissant en dépit du poids des ans.

Les légers éléments fantastiques, l’utilisation de l’hypnose, la référence à Mycroft Holmes, l’ambiance mystérieuse relevant parfois de l’épouvante avec cette capitale anglaise terrorisée par un tueur en série rendent le métrage divertissant à souhait et l’apparition de Moriarty constitue, comme toujours, un délice pour les amateurs de Holmes.

Si LA FEMME EN VERT trahit quelques problèmes de budget et souffre de l’une ou l’autre faiblesse, accentuée par des éléments aujourd’hui vieillots et parfois ridicules, cette aventure de Sherlock Holmes n’en reste pas moins agréable et tout à fait recommandable pour les fans du détective. Un bon divertissement même si il ne s’agit pas de la meilleure enquête menée par Basil Rathbone.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2011