LA PRISON DES FEMMES EN FURIE
Titre: Femmine in fuga / Women In Fury
Réalisateur: Michele Massimo Tarantini
Interprètes: Suzane Carvalho

 

Rossana Ghessa
Gloria Cristal
Henri Pagnoncelli
Leonardo José
Zeni Pereira
 
Année: 1985
Genre: Italie / Brésil
Pays: Women In Prison / Sexploitation
Editeur  
Critique:

Cinéaste romain, Michele Massimo Tarantini a toujours œuvré dans les genres populaires, s’adaptant au gré des modes avec une belle aisance. Il débute sa carrière en 1973 par un polar mâtiné d’arts martiaux (UN HOMME APPELE KARATE) puis enchaine avec des sexy comédies typiques (A NOUS LES LYCEENES, LA PROF A LA PLAGE, L’INFIRMIERE A LE BISTOURI FACILE, etc.) et quelques polars burnés dont CALIBRE MAGNUM POUR L’INSPECTEUR. A la fin des seventies, le cinéaste exploite la mode du disco (BRILLANTINE ROCK) et donne dans la comédie homosexuelle avec GAY SALOME. Au cours des années ‘ 80, Michele Massimo Tarantini poursuit son exploration du bis avec SANGRAAL L’EPEE DES BARBARES (de l’heroic fantasy fauchée) et MASSACRES DANS LA VALLEE DES DINOSAURES (un sympathique hybride entre aventures exotiques et cannibalisme).

La même année que ce-dernier, soit en 1985, il tâte aux joies des Women in Prison avec ce modeste mais distrayant PRISON DE FEMMES EN FURIE coproduit avec le Brésil. Une jeune femme, Angela Duvall, est condamnée à 18 ans de prison pour le meurtre d’un trafiquant de drogues. Emmenée dans une prison pour femmes, elle découvre un univers de violences et de sadisme dominé par quelques détenues qui font régner la terreur avec la complicité des gardiennes lesbiennes. Lors d’une émeute, Angela parvient cependant à s’évader en compagnie d’une poignée de prisonnières dont l’unique choix pour survivre consiste à se réfugier au cœur de la jungle. Là, les demoiselles sont traquées par les forces de l’ordre qui espèrent les ramener derrière les barreaux…

Au début des années ’80, le cinéma de genre italien agonise, épuisé par ses vaines tentatives de copier les succès américains du box-office. Les faux CONAN, TERMINATOR, MAD MAX, etc. se multiplient dangereusement et conduisent à l’asphyxie le bis rital. Pourtant, certains sous-genres subsistent, à commencer par le Women In Prison qui connait même un regain de popularité grâce aux vidéoclubs.

Conscient du potentiel commercial du genre, Michele Massimo Tarantini s’exile donc au Brésil pour livrer son unique oeuvrette dans ce style, laquelle débute par une classique partie carcérale avant de se transformer, dans sa seconde moitié, en pur film de jungle à la manière d’AMAZON JAIL. Au niveau du WIP, rien de bien neuf, tous les clichés sont présents : humiliations, bagarres homériques entre prisonnières, scènes lesbiennes, viols, etc. Si le cinéaste n’innove pas, il offre toutefois aux amateurs ce qu’ils souhaitent, à savoir de la pure exploitation dans laquelle dominent l’érotisme moite et la violence sadique.

Sans rivaliser avec les titres les plus excessifs du Women In Prison, PRISON DES FEMMES EN FURIE demeure par conséquent honnête et divertissant à souhait. Ensuite, dans sa seconde moitié, le long-métrage offre une scène d’évasion plutôt bordélique mais plaisante qui se termine en véritable guérilla urbaine entre prisonnières en furie et forces de l’ordre adeptes de l’exécution sommaire. Quelques survivantes réussissent cependant à s’échapper et se retrouvent dans la jungle où les rivalités ne tardent pas à s’amplifier. De plus, divers animaux sauvages (des serpents principalement) se manifestent et réduisent drastiquement le nombre de demoiselles. Là encore rien de novateur mais un spectacle agréable qui s’inscrit résolument dans la tradition de la littérature de gare ou des bandes dessinées pour adultes.

En outre, de sympathiques effets gore ponctuent cette bande joyeusement bis qui se transforme, dès lors, en authentique film d’aventure à l’ancienne, le sexe et la violence en prime. L’idéal pour une soirée bière et popcorn.

Quoique plutôt rythmé, le film perd cependant un temps précieux à suivre les vaines tentatives d’un médecin humaniste pour libérer les détenues. Un lieu commun déjà vu et revu dans moult Women In Prison qui distrait cependant le réalisateur de l’essentiel, à savoir les jeunes femmes dénudées. Heureusement ces dernières sont jolies et ne se font guère prier pour tomber la chemise (et le reste), notamment lors des inévitables papouilles saphiques toujours agréables à l’œil.

Bien que rien ne le distingue fondamentalement de la masse des productions similaires sorties durant la première moitié des années ’80, PRISON DES FEMMES EN FURIE assure un plaisant divertissement qui permet de passer, malgré tout, un bon moment. Sans plus ni moins.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2013