REVOLTE AU PENITENCIER DE FILLES
Titre: Emanuelle fuga dall'inferno /
WWomen's Prison Massacre
Réalisateur: Bruno Mattei / Claudio Fragasso
Interprètes: Laura Gemser

 

Gabriele Tinti
Ursula Flores
Maria Romano
Lorraine De Selle
Raul Cabrera
Pierangelo Pozzato
Année: 1983
Genre: Women In Prison
Pays: Italie / France
Editeur  
Critique:

Toujours aussi roublard, le fameux Bruno Mattei parvient, avec un scénario, un casting, un décor et un budget, à boucler deux films jumeaux et interchangeables, à savoir PENITENCIER DE FEMMES et REVOLTE AU PENITENCIER DE FILLES. Un bel exploit ! Laura Gemser, son mari Gabriele Tinti et la spécialiste du bis Lorraine de Selle, fréquentent donc cette REVOLTES AU PENITENCIER DE FILLES ouvertement bis qui débute comme un banal Women In Prison avant d’évoluer vers un film d’action à petit budget.

Très inspiré, Bruno Mattei récupère la belle Laura Gemser et lui fait incarner la journaliste Emanuelle, qu’elle a déjà joué une dizaine de fois sous les mains gluantes de Joe d’Amato, entre autre dans EMANUELLE EN AMERIQUE (où elle démantèle un réseau de snuff movies) et EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES (où elle échappe à la mort sous les dents de cannibales affamés). Bref, Emanuelle a déjà tout connu et un nouveau séjour en prison ne lui fait pas peur !

Quatre condamnés à mort, menés par Crasy Boy (Gabriele Tinti) sont convoyés par fourgon vers un pénitencier où ils doivent attendre leur passage sur la chaise électrique. Malheureusement, quelques complices tentent de libérer les quatre repris de justice et deux policiers sont abattus. Seul le shérif échappe à la mort et se résout à amener les prisonniers vers un pénitencier pour femmes où est enfermée la belle journaliste Emanuelle. Celle-ci, ayant tenté de révéler la corruption du gouverneur de l’Etat, a été piégée et accusée de trafic de drogue. Emprisonnée pour cinq ans, Emanuelle attend sa libération et subit les brimades des gardiennes, payées par le gouverneur, qui essaient de la tuer à plusieurs reprises.

La situation se complique lorsque les prisonniers menés par Crasy Boy se révoltent et prennent en otage la directrice du pénitencier. Ils blessent gravement le shérif et exigent une forte somme d’argent pour fuir. Voyant la situation échapper à tout contrôle, Emanuelle tente de résister et, accessoirement, de prouver son innocence…

Peu crédible, ce scénario simpliste constitue un prétexte commode à de nombreuses scènes de nudité et de violences. Si les trois premiers quarts d’heures donnent dans le pur Women In Prison et égrènent toutes les figures imposées du genre (passages chauds entre filles, bagarres au couteau, scènes de douche, crêpage de chignon et punitions brutales organisées par des gardiennes sadiques à l’encontre des récalcitrantes), la suite verse volontiers dans l’action avec une prise d’otage qui dégénère complètement. Un bon moyen pour relancer la machine et permettre de nouvelles scènes de violence, dont quelques viols et un paquet d’impacts de balles bien sanglants.

Le moment le plus mémorable de REVOLTE AU PENITENICER DE FILLES intervient lorsqu’une des prisonnières place une lame de rasoir sur un bouchon ensuite enfoncé entre ses cuisses. Lorsqu’un des affreux évadés essaie de la violer, il a, logiquement, le membre tranché en deux ! Un bon moment, imaginatif et sadique, plus original que les traditionnelles castrations buccales souvent de mise dans ce genre de produits.

Malheureusement, la musique, composée et jouée sur un synthétiseur bas de gamme, s’avère, elle, franchement médiocre et échoue à conférer une vraie atmosphère à un film, sinon plutôt sombre et pessimiste pour un bis rital des années ‘80.

Les interprètes, dans l’ensemble, sont convaincants même si les seconds rôles n’évitent pas un cabotinage en roue libre qui peut réjouir ou agacer. La mise en scène, sans fioriture, se montre pour sa part nerveuse et efficace, soucieuse d’offrir au spectateur un maximum de nudité complaisante et de violence gratuite. D’ailleurs, si le film est généralement crédité à Bruno Mattei, sous le pseudonyme de Gilbert Roussel, le véritable Gilbert Roussel (auteur de A L’EST DU RIO CONCHOS, des AVENTURES GALANTES DE ZORRO et d’une douzaine de porno) en a lui-aussi revendiqué la paternité, de même que le producteur et scénariste Claudio Fragasso. Bref, nul n’a honte de cette petite production fauchée et un brin ringarde mais, finalement, encore divertissante pour les plus pervers.

Dans la masse des Women In Prison, REVOLTE AU PENITENICER DE FILLES se laisse voir sans déplaisir pour les inconditionnels. Son quota de violence, de sadisme et de nudité élevé le rend plaisant, de même que l’orientation « action » prise lors d’un dernier acte pas vraiment réussi mais, au moins, mouvementé et original. Evidemment, le film s’adresse uniquement aux amateurs de ces sous-produits racoleurs mais, globalement, Bruno Mattei atteint ses objectifs de pur divertissement primaire. Et ce n'est déjà pas si mal!

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2012