DETOUR MORTEL 4: ORIGINES SANGLANTES
Titre: Wrong Turn 4: Bloody Beginnings
Réalisateur: Declan O'Brien
Interprètes: Jennifer Pudavick

 

Tenika Davis
Kaitlyn Leeb
Terra Vnesa
Ali Tataryn
Samantha Kendrick
Victor Zinck Jr.
Année: 2011
Genre: Slasher / Survival / Gore
Pays: USA / Allemagne
Editeur  
Critique:

Après le petit budget DETOUR MORTEL 3, le cinéaste Declan O'Brien poursuit son appropriation de la franchise avec un quatrième épisode dont la particularité est d’être une préquelle, ce qui permet, par conséquent, de retrouver nos trois mutants cannibales (One Eye, Saw Tooth et Three Finger) en pleine forme. DETOUR MORTEL 4 se penche ainsi sur « l’origine du mal » et débute en 1974, dans le sanatorium de Glenville où sont confinés une poignée de malades mentaux consanguins et complètement dégénérés.

Bien évidemment, les fous finissent par s’échapper et massacrent tout le personnel de l’hôpital. Le temps passe et ce tragique fait divers disparait des mémoires. En 2003, quelques universitaires décident de s’offrir un week-end de détente dans les forêts de Virginie Occidentale. Le programme, sans surprise, consiste à boire, baiser et fumer des joints. La petite troupe se conforme aux inévitables clichés: la bombe Kenia apparait immédiatement comme la « final girl », le couple lesbien, composé de Sara et Bridget passe l’essentiel du métrage à se brouter le minou, le « héros » Daniel moins bête que ses copains, le « blagueur-voyeur-pervers-obsédé sexuel » Vincent (l’inévitable première victime !), etc.

Bien évidemment, nos amis prennent un détour (mortel) par les forêts enneigés et se perdent alors qu’une tempête menace. Heureusement (ou pas), ils se réfugient dans le sanatorium abandonné afin de s’abriter des intempéries. Alors qu’une fête improvisée bat son plein, chacun emmène sa chacune vers le lit pour une nuit de folie. Mais les trois évadés, One Eye, Saw Tooth et Three Finger, s’invitent eux-aussi aux réjouissances. Plus efficace que le précédent volet, DETOUR MORTEL 4 s’intéresse tout d’abord aux cannibales et explique comment ils ont acquis leurs horribles particularités physiques (et leur surnom). Ensuite, l’intrigue effectue un bond de trente ans et le métrage se conforme à tous les clichés et conventions coutumières de l’horreur direct to vidéo (avec l’inévitable « je n’ai pas de réseau ! »). Toutefois, si la première moitié patine un peu, la seconde délivre les mises à mort sanglantes espérées avec une régularité appréciable. Moins porté sur les effets infographiques douteux, Declan O'Brien opte pour une approche plus « rétro » et privilégie, trois fois sur quatre, les maquillages à l’ancienne. Pour ce genre de petit budget, les effets gore sont d’ailleurs très convaincants, bien plus que les masques des mutants, trop grossiers pour effrayer.

Proche du torture-porn, le carnage inclut du classique (pendaison à l’aide de fil barbelé, électrocution, écartèlement, décapitation…), du plus original (éventration à la perceuse) et du carrément vomitif (un type est découpé vivant et sa chair sert au repas fondue des anthropophages). L’humour intervient, lui, avec parcimonie et l’ensemble adopte un ton sérieux de bon aloi. Les personnages réagissent même de manière plus crédible que de coutume, en particuliers lorsqu’ils s’associent pour tendre un piège aux mutants. Hélas, les commentaires moraux déplacés d’une des demoiselles empêchent la mise à mort des monstres et aboutit à leur nouvelle évasion lors d’un passage qui vire au grotesque et perd tout réalisme.

Le dernier tiers de DETOUR MORTEL 4 consiste ensuite en un long jeu du chat et de la souris qui se transforme en véritable hécatombe à mesure que les demoiselles en détresse tombent victimes des maudits mutants. L’interprétation est acceptable pour ce genre de produit de consommation courante : aucun Oscar en vue pour les comédiens mais pas de performance honteuse non plus, l’essentiel étant de savoir hurler à plein poumon et de dévoiler d’appétissante anatomie. Mission remplie avec une mention supplémentaire pour les deux (!) scènes de papouilles entre filles dignes d’un softcore du dimanche soir : absolument gratuites et donc totalement essentielles.

La mise en scène n’invente rien mais reste correcte et évite le total renoncement de nombreuses séquelles hâtivement confectionnées pour garnir les bacs à soldes des supermarchés. En dépit de sa prévisible linéarité (le film étant une préquelle il est évident, dès l’entame, que nul ne survivra !), DETOUR MORTEL 4 se regarde plaisamment pour les amateurs de slasher : une bonne dose d’érotisme, du gore à foison, un rythme enlevé, une durée restreinte (85 minutes suffisent) et une poignée de dialogues amusants (« ils le mangent vivant comme une putain de fondue ! ») rendent cet épisode appréciable à condition de ne pas en attendre monts et merveilles.

Dans la limite de ses très modestes ambitions, le film de Declan O'Brien donne ce que l’on attend de lui : un divertissement sexy et sanglant, sitôt vu sitôt oublié, mais pas déplaisant sur le moment.

C’est déjà ça !

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013