DETOUR MORTEL 5
Titre: Wrong Turn 5: Bloodlines
Réalisateur: Declan O'Brien
Interprètes: Doug Bradley

 

Camilla Arfwedson
Simon Ginty
Roxanne McKee
Paul Luebke
Oliver Hoare
Kyle Redmond-Jones
Année: 2012
Genre: Slasher / Survival / Gore
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Depuis l’épisode 3, Declan O’Brien a repris en main la franchise « Wrong Turn », à présent directement destinée au marché de la vidéo. Le quatrième opus étant une préquelle, DETOUR MORTEL 5 en constitue la suite directe et se situe donc, logiquement, avant les événements du premier volet, ce qui permet de retrouver une nouvelle fois, nos mutants cannibales préférés : One Eye, Saw Tooth et Three Finger.

Après une entame joyeusement débile au cours de laquelle une première victime a la main tranchée d’un coup de hache (joli cadrage sur le membre sectionné surmonté du titre « Wrong turn » indiquant que nous sommes bien devant le cinquième opus) l’histoire débute réellement dans la petite ville de Fairlake, en Virginie Occidentale.

La « population de péquenots » (dixit une journaliste) y est rejointe par des cohortes de jeunes, imbibés et défoncés, venus assister au Festival de Musique des Montagnards (sic !) en ce soir d’Halloween. Parmi eux se trouvent quelques amis ravis de pouvoir s’envoyer en l’air, boire de la bière et fumer des joints. Alors qu’ils roulent en voiture, ils percutent un homme, Maynard (Doug « Pinhead » Bradley) et, lorsque les teenagers s’approchent pour s’enquérir de sa santé, le quinquagénaire les agresse au couteau.

Heureusement, la sexy sheriff locale, Angela (la comédienne de télévision Camilla Arfwedson) intervient : les jeunes sont arrêtés pour détention de stupéfiant tout comme Maynard. Ce-dernier, emprisonné dans sa cellule, s’avère un meurtrier recherché depuis des années et, accessoirement, « pater familias » de nos consanguins cannibales. Pendant que les bouseux s’éclatent au festival, les monstrueux maniaques prennent le commissariat d’assaut afin de libérer Maynard qui doit être transféré, à l’aube, dans un pénitencier. « La nuit ne fait que commencer»…

Tourné avec un budget réduit dans un coin perdu de Bulgarie et desservi par des effets de maquillages piteux, DETOUR MORTEL 5 n’en reste pas moins vaguement divertissant pour les plus indulgents. Alors qu’une nouvelle génération redécouvre, via le dvd ou le téléchargement, le slasher des années ’80, cette déclinaison moderne en propose une variation plus rythmée qui ne lésine pas sur les effets sanglants ni sur la nudité.

Totalement linéaire, routinier et prévisible, DETOUR MORTEL 5 aurait pu jouer la carte du suspense en huis-clos mais Declan O’Brien n’a manifestement pas le talent (ni l’envie) nécessaire à créer une ambiance claustrophobe. Délaissant trop fréquemment son commissariat assiégé pour offrir une scène gore gratuite, le cinéaste contourne la difficulté du cadre restreint et abandonne en cours de route son option initiale (un compromis entre ASSAUT et LA COLLINE A DES YEUX) pour, simplement, accumuler les meurtres craspecs.

En roue libre totale, Doug Bradley s’amuse comme un fou et promet aux protagonistes des morts horribles lorsque ses « gamins » viendront investir le commissariat ce qui, bien sûr, ne manque pas de se produire puisque la plupart des « gentils » périssent de sanglante manière.

Généreux, Declan O’Brien orchestre une série de mise à mort grand-guignolesques à souhait qui, par leurs excès (écartèlement, éviscération, corps déchiqueté par une moissonneuse, type enfermé vivant dans un tonneau métallique chauffé par un brasier,…) rappellent les grandes heures du gore à la Hershell Gordon Lewis. Le joyeux délire horrifico-humoristique de 2000 MANIACS se rappelle, ainsi, au bon souvenir du spectateur lors de ces passages sanglants, non dénués d’un humour noir bienvenu. M

alheureusement, cela ne suffit pas à élever le produit au-dessus de la moyenne des direct-to-dvd de consommation courante et cette quatrième séquelle tourne rapidement en rond sans toutefois ennuyer les inconditionnels. Loin de l’efficacité du premier volet ou des excès comico-gore du second, la saga « Wrong Turn » est, à présent, définitivement sur ses rails et ne propose rien d’autre qu’un aimable divertissement dénué de la moindre ambition.

Souvent proche du nanar, ce décalque d’ASSAUT revisité façon slasher réussit cependant à distraire à condition d’accepter les facilités de l’intrigue et la nullité des dialogues involontairement ( ?) drôles. Réservé toutefois aux fans « hardcore » de la franchise.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013