DETOUR MORTEL 6
Titre: Wrong Turn 6: Last Resort
Réalisateur: Valeri Milev
Interprètes: Anthony Ilott

 

Chris Jarvis
Aqueela Zoll
Sadie Katz
Danko Jordanov
Radoslav Parvanov
Asen Asenov
Année: 2014
Genre: Slasher / Survival / Gore
Pays: USA
Editeur
Critique:

Dans ce sixième opus, le jeune Danny hérite soudainement d’un sanatorium isolé, Hobb Springs, perdu dans les forêts de Virginie. Danny, sa séduisante copine et une poignée de copains caricaturaux y rencontrent le majordome Jackson et sa sœur nymphomane Sally, gardiens de lourds secrets. Séduit par les lieux, initié à la chasse par Jackson et troublé par l’entreprenante Sally, Danny décide de rester à Hobb Springs pour relancer l’entreprise familiale.

Tourné en Bulgarie, comme les précédentes séquelles, DETOUR MORTEL 6 se contente de suivre une voie à présent bien tracée et traite de consanguinité, de cannibalisme, d’inceste et de rites sexuels censés régénérer une lignée appauvrie. L’ensemble rappelle par conséquent bien des classiques antérieurs du survival et quelques romans célèbres, en particulier le « Morte Saison » de Jack Ketchum.

Si DETOUR MORTEL 6 soigne la caractérisation de son personnage central, campé par Anthony Ilott, en insistant sur son mal-être et sa dépression, le reste des protagonistes reste trop hâtivement brossé pour convaincre : le blagueur fumeur de joint, la bombe sexuelle kleptomane, la petite amie trop naïve,…Rien de très intéressant pour le spectateur qui reporte par conséquent son attention sur les méchants, symbolisés par un couple incestueux prenant soin des trois monstres mutants déjà vus dans les cinq opus précédents. Ces trois maniaques, surnommés Sawtooth, Three-fingers et One-Eye, poursuivent leurs exactions coutumières en traquant leurs proies dans les frondaisons avant de les cribler de flèches et de les achever à coup de hache. Le carnage débute ainsi dès la scène liminaire au cours de laquelle deux jeunes gens sont massacrés dans une source d’eau chaude après s’être obligeamment dévêtu, le métrage jouant beaucoup la carte de l’érotisme trouble et de la nudité gratuite.

L’acceptation de son héritage familial par le héros parait, elle, bien trop rapide pour convaincre mais ce raccourcis scénaristique, aussi grossier qu’il soit, demeure acceptable afin de permettre la progression d’une intrigue davantage préoccupé de proposer sexe et violence qu’une réelle étude de personnalité.

Voulant apporter un peu de sang neuf à une franchise à présent bien connue, le cinéaste privilégie une ambiance étrange et volontiers malsaine basée sur la déviation sexuelle. Le tabou incestueux est abordé frontalement et toutes les scènes impliquant la nymphomane Sally possèdent une tonalité impure déstabilisante. Le voyeurisme est également fréquemment abordé, que ce soit par le biais de la Sally précitée (qui adore espionner les ébats des différents couples en se masturbant) soit par l’entremise d’appareils photos autorisant quelques passages façons « found-footage » pas franchement indispensables mais dans l’air du temps.

Les effets gore, pour leur part, restent nombreux : beaucoup de corps sont hachés menus et ensuite servis en guise de repas pour des consanguins peu portés sur le végétarisme. Un piège à ours entame la chair, des fils barbelés tailladent une victime, une demoiselle est écartelée et le sang coule abondamment afin de satisfaire les amateurs d’horreur sanglante. La scène la plus surprenante survient lorsqu’une victime se voit introduire une lance à incendie dans son anus avant que la pression de l’eau ne le fasse littéralement exploser de l’intérieur.

Dans l’ensemble, DETOUR MORTEL 6 apporte aux fans de la saga ce qu’ils espèrent, à savoir de nombreuses scènes horrifiques et une nudité généreuse, le tout dans une atmosphère plus pesante et sérieuse que les précédentes séquelles. Si la promesse de conduire la franchise vers une « nouvelle direction » n’est tenue qu’en partie, cet épisode reste globalement satisfaisant pour peu que l’on sache à quoi s’attendre.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2016