YELLOWBRICKROAD
Titre: YellowBrickRoad
Réalisateur: Jesse Holland & Andy Mitton
Interprètes: Cassidy Freeman

 

Clark Freeman
Anessa Ramsey
Lee Wilkof
Laura Heisler
Alex Draper
Tara Giordano
Année: 2010
Genre: Thriller / Epouvante / Fantastique
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Deux scénaristes et cinéastes débutants, Jesse Holland et Andy Mitton, proposent avec YELLOWBRICKROAD leur premier long métrage, une œuvre aux prémices intrigantes influencées par le cinéma fantastique des seventies et, du moins thématiquement, par BLAIR WITCH PROJECT. Malheureusement, le résultat final s’avère bien plus ennuyeux que passionnants même si certains pourraient se laisser charmer par l’atmosphère très particulière du métrage.

L’intrigue traite d’un petit village du New Hampshire, Friar, dont les 572 habitants ont mystérieusement disparus un matin de 1940. Laissant derrière eux leurs biens et possessions, les villageois s’enfoncent dans la nature sans que nul ne puisse trouver la moindre explication. L’armée découvrira, finalement, les restes de la moitié d’entre eux, pour la plupart morts de froid ou mutilés. Au fil du temps, la tragédie de Friar s’estompe des mémoires et rejoint les légendes urbaines. Sept décennies plus tard, une petite équipe se propose de résoudre le mystère en s’engageant sur un chemin se perdant dans les bois, véritable « route de briques jaunes » menant, peut-être, à un autre monde…

S’inspirant de faits divers répertoriés au fil de l’Histoire et décrivant la disparition de populations entières sans qu’aucune explication rationnelle ne puisse être avancée, YELLOWBRICKROAD démarre de belle manière et cultive un sens certain de l’angoisse durant sa première demi-heure. Malheureusement, le métrage tourne rapidement en rond à mesure que les huit explorateurs de l’étrange parcourent la forêt et commencent à entendre une musique venue de nulle part exerçant une influence néfaste sur leur esprit.

Sans recourir au spectaculaire ni à l’explicite, les cinéastes utilisent des effets de terreur minimalistes pour provoquer la tension, à la manière du BLAIR WITCH PROJECT. Les boussoles se dérèglent, les membres du groupe deviennent agressifs, mal à l’aise et commencent à perdre la mémoire tandis qu’une musique venue des années ’40 se fait entendre de manière ininterrompue. La tension monte alors d’un cran mais, par la suite, les deux cinéastes ne parviennent jamais à rendre leur film réellement terrifiant tant les redites s’accumulent et deviennent franchement lassante.

En recourant à un casting principalement composé d’inconnus, YELLOWBRICKROAD rend cependant son intrigue crédible et lui confère une teneur quasiment documentaire comme si les événements étaient pris sur le vif. La conviction des interprètes, en particulier lors de la seconde partie du film, alors que la terreur s’empare de l’expédition, se doit d’être signalée mais sans pouvoir éviter l’ennui. En effet, le rythme, anémique, peine à passionner le public, la majorité du temps de projection se limitant à suivre quelques scientifiques avancer sans fin sur un chemin forestier. D’une lenteur exaspérante, YELLOWBRICKROAD étire au-delà du supportable un script qui aurait mieux convenu à un épisode de série télé style « La Quatrième dimension ».

Le budget ultra serré et la mise en scène rudimentaire, associé à une photographie naturelle quelconque, rendent malheureusement le métrage assez pauvre visuellement et, une fois de plus, esthétiquement proche d’un téléfilm. Au terme de la projection, YELLOWBRICKROAD demeure, en outre, tout aussi obscur pour le spectateur. Aucune explication n’est livrée (choix judicieux ou paresse des scénaristes, la question reste posée) et le métrage s’achève de manière fort bizarre, pour ne pas dire absconde.

Exagérément lent, linéaire et prévisible, YELLOWBRICKROAD semble symptomatique d’un cinéma fantastique récent à petit budget reposant essentiellement sur une idée plutôt qu’un véritable scénario, une tendance que l’on retrouve dans des titres comme MIRAGES ou THE REEF, eux aussi présentés au BIFFF. On peut résumer, de manière lapidaire, YELLOWBRICKROAD comme la déambulation d’une bande d’individus qui marchent dans une forêt pour n’aboutir nulle part, impression renforcée par une conclusion en queue de poisson laissant le spectateur dans l’expectative.

Voulu fascinant et effrayant, le résultat s’avère, malheureusement, pénible et fort ennuyeux. Bref, encore une fois « tout ça pour ça ».

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2011