ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION
Titre: ZMD - Zombies of Mass Destruction
Réalisateur: Kevin Hamedani
Interprètes: Janette Armand

 

Doug Fahl
Cooper Hopkins
Bill Johns
Russell Hodgkinson
Ali Hamedani
 
Année: 2009
Genre: Horreur / Comédie / Gore
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Depuis le milieu des années 2000, la comédie horrifique, délaissée depuis une vingtaine d’années, amorce un retour en force, probablement suite aux excès du « torture porn ». Lassé des mutilations sanglantes et des carnages malsains, le public accueille donc le renouveau de l’humour gore, symbolisé par le succès de SHAUN OF THE DEAD et ses succédanés plus ou moins convaincants comme DOGHOUSE, BIENVENUE A ZOMBIELAND ou LESBIAN VAMPIRE KILLERS. Production à petit budget politiquement incorrecte, ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION s’inscrit dans cette lignée mais n’aboutit, au final, qu’à un métrage imparfait et décevant suscitant, néanmoins, un petit capital de sympathie.

L’histoire, située en 2003 durant la Guerre contre l’Irak, suit trois personnages hauts en couleur : Frida, Tom et Lance. La première est une américaine d’origine iranienne, fille d’un restaurateur musulman. Chacun pense que Frida est forcément irakienne et terroriste. Tom est un natif du coin, ayant réussi financièrement à New York. Il décide d’annoncer à sa mère son homosexualité en lui présentant son copain, Lance. Mais, soudain, la situation échappe à tout contrôle alors qu’un virus transforme quelques personnes en zombies affamés. L’épidémie se répand et des boucs-émissaires doivent être trouvés pour apaiser la colère divine. Frida, Tom et Lance paraissent tout désigné…

Débutant comme une comédie irrévérencieuse rappelant les meilleurs moments de la Troma, ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION s’embourbe cependant dans un humour trop répétitif pour convaincre sur le long terme. Le passage où Frida, attachée à une chaise, subit un interrogatoire stupide pour déterminer si elle est une véritable patriote américaine, se montre toutefois très acide et tranche avec le reste du métrage. La charge humoristique, caustique mais assez inoffensive du reste du film, verse alors dans un véritable malaise en dépit du manque de maîtrise évident du cinéaste. Celui-ci, en effet, ne semble pas savoir sur quel pied danser, partagé entre la pure comédie, la cruauté barbare ou la satire féroce. Les tentatives d’un curé intégriste de guérir les deux homosexuels à coup de vidéos censément « érotiques » sont, par contre, nettement plus drôles et fonctionnent efficacement même si elles ont un petit côté déjà vus vaguement agaçant.

Un des grands problèmes de ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION réside probablement dans son nombre trop important de personnages, lesquels sont souvent à peine esquissés. D’où une caractérisation sommaire aboutissant à une charge maladroite, voulue anti raciste et anti-homophobie mais, au final, plutôt lourde et pas toujours passionnante. Les scènes dialoguées sont surement trop nombreuses pour ne pas ennuyer l’amateur de pur film gore et la satire politique, un peu bateau, s’essouffle trop vite pour maintenir l’intérêt. Le cinéaste parait en outre tourner en rond en enfonçant le même clou encore et encore, au risque de provoquer l’un ou l’autre soupir d’ennui.

Heureusement, si l’humour se montre laborieux et si les commentaires sociopolitiques fatiguent, ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION n’en oublie pas pour autant de donner dans le véritable film d’horreur. Les scènes gore tardent un peu (il faut attendre près d’une demi heure pour voir les morts vivants entamer leurs premiers carnages) mais elles sont heureusement excessives, saignantes et relativement inventives. Le faible budget parait d’ailleurs utilisé à bon escient tant les maquillages se montrent réussis et les scènes d’attaques bien torchées.

Au niveau du casting, Janette Armand, dans le rôle de Frida, se défend avec un certain brio mais les autres interprètes, pour la plupart des débutants, témoignent d’un amateurisme un peu crispant. On a toutefois vu pire dans ce genre de série B. La plupart des films de zombies utilisent la satire sociopolitique comme base de leur scénario et ce depuis, au moins, LA NUIT DES MORTS VIVANTS mais cet argument est, ici, l’élément principal de l’intrigue, aboutissant à un métrage au rythme défaillant.

Des personnages plus travaillés, un peu plus de subtilité dans l’humour et un scénario plus inventif (le métrage s’avère très prévisible) auraient sans doute élevé ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION un peu au dessus de la masse (hum !) des productions similaires mais il faudra se contenter d’une comédie horrifique finalement peu imaginative quoique plutôt sympathique.

En dépit de ses faiblesses, ZOMBIES OF MASS DESTRUCTION se laisse cependant regarder sans déplaisir, l’abondance de séquences gore et l’un ou l’autre traits d’humour aidant à digérer une pilule sans saveur particulière mais consommable pour les inconditionnels. On en attendait pourtant bien davantage…

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2010