L'ENFER DES ZOMBIES
Titre: Zombi 2
ou: Island of the Living Dead
Réalisateur: Lucio Fucli
Interprètes: Ian Mc Culloch

 

Tisa Farrow
Richard Johnson
Pier Luigi Conti
Auretta Gay
 
 
Année: 1979
Genre: Zombies / Gore / Horreur / VideoNasty
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing
6/6
Critique:

Un voilier aborde les côtes américaines. La police new-yorkaise l'accoste et ne trouve personne à bord, excepté un être à demi décomposé qui agresse les forces de l'ordre. Une jeune femme et un journaliste mènent l'enquête pour découvrir la clé du mystère, qui se cache probablement sur Matool, une île tropicale où règne encore les rituels vaudous. La quintessence du cinéma de Lucio Fulci: une symphonie barbare de séquences gore.

Préquelle pirate au classique de George Romero, L'ENFER DES ZOMBIES est un film sérieux, à l'ancienne, avant que le genre ne sombre dans l'humour plus ou moins volontaire au travers de pantalonnades comme LE RETOUR DES MORTS VIVANTS. Et, malgré les qualités du film de Dan O'Bannon, il est bon de replonger dans cette époque révolue ou le gore n'était pas uniquement un prétexte à de la comédie. Les morts sortent de leur tombe couverts de vers immondes, le visage à demi décomposé et la peau parcheminée. Réaliste, donc. Parmi les séquences les plus marquantes de l'œuvre de Fulci, citons le fameux combat entre un requin et un cadavre putréfié. On ignore encore comment la scène fut réalisée mais elle est vraiment efficace et le requin impressionne. La photographie sous-marine est, en outre, fort belle. L'autre scène culte, souvent censurée, est celle de l'écharde dans l'œil de la femme du médecin. Un des sommets du cinéma gore, bien montée et réalisée.

Au niveau des réussites du métrage, citons aussi la musique d'inspiration très gothique, très seventies, de Fabio Frizzi, souvent plagiée ensuite. Elle apporte un véritable cachet supplémentaire au métrage et donne parfois l'impression d'avoir été composée par le Dr Phibes en personne. Envoûtante et magnifique, la partition rythmique donne également dans la pseudo-trance mystique des adeptes du vaudous ou multiplie les grincements propices à stresser le spectateur le plus endurci.

Le scénario, lui, est assez simpliste et peine légèrement à démarrer durant la première demi-heure. Mais ensuite ce n'est que du bonheur. Les personnages sont bien typés, en particulier ce savant, le docteur Ménard, qui ne peut croire en la réalité du vaudou. Pourtant, malgré ses horribles expériences, il ne parvient pas à trouver la moindre explication scientifique plausible aux événements dont il est le témoin.

La distribution participe également à l'efficacité de l'ensemble. Ian Mac Culloch dépasse les limites de son jeu, pas toujours très inspiré, pour camper un personnage charmeur et aventureux digne des serials de l'âge d'or. Richard Johnson, dans le rôle difficile du savant, s'en tire avec les honneurs et livre une belle composition, aux limites de la folie mais sans jamais sombrer dans le ridicule. Quand à Tisa Farrow, elle s'avère crédible. Le reste du casting se compose de familiers du cinéma de Fulci. De belles filles dotée de poitrines parfaites et des gros durs virils et machos.

Gore à l'ancienne oblige, L'ENFER DES ZOMBIES utilise abondamment le latex et, à ce niveau, les maquillages de Gianetto de Rossi assurent le boulot avec une rare puissance. Le sang gicle abondamment et les effets spéciaux - un peu artisanaux - sont répugnants à souhaits, loin du gore propre et numérique des productions récentes. Le film connut d'ailleurs, à sa sortie, de sévères problèmes de censure et reçut une classification X aux Etats-Unis tandis que les Britanniques taillaient abondamment le métrage pour en atténuer le gore paroxystique.

En résumé, cette préquelle au classique de George A. Romero nous rappelle également que Lucio Fulci, souvent décrié de son vivant, possédait un véritable talent. Il suffit de comparer ce chef d'œuvre avec le ZOMBI HOLOCAUST tourné un an plus tard pour constater la différence: même scénario, mêmes acteurs, même musique, même producteur. D'un côté une merveille impérissable, de l'autre un gros Z sympathique mais vraiment ringard.

Avec L'AU-DELA et FRAYEURS, voici une des meilleures œuvres du cinéaste. Peut-être même la meilleure.

 

Pour l'édition DVD, remercions Neo Publishing de proposer cette sortie inespérée dans des conditions parfaites. Une image superbe, une bande sonore stéréo originelle ou un mixage 5.1. bien boosté dans les basses, sans oublier une piste DTS, sont au programme de ce disque. Ce serait déjà très bien mais il faut encore y ajouter un disque de suppléments gargantuesques et d'une qualité incroyable.

Il vous faudra deux bonnes heures pour effectuer un tour complet de tous les bonus proposés. Si certains s'avèrent anecdotiques, la plupart sont fort intéressants et démontrent l'importance énorme de ce classique jadis conspué par la critique et aujourd'hui réévalué à sa juste valeur, celle d'un monument du cinéma d'horreur italien de la fin des seventies. En un mot comme en cent: une édition indispensable pour un film qui ne l'est pas moins.

 

octobre 2006