ZOMBIE IV
Titre: Zombi IV - After death
Oltre la morte
Réalisateur: Claudio Fragasso
Interprètes: Jeff Stryker

 

Candice Dali
Massimo Vanni
Jim Gaines
Don Wilson (pas "the Dragon"!)
Jim Moss
 
Année: 1988
Genre: Horreur / Gore
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing


Critique:

La saga Zombie touche le fond avec ce quatrième chapitre réalisé par le redoutable Claudio Fragazzo. Résumons donc ce qui précède pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents. En 1978, George A. Romero se décide finalement, après une attente de 10 ans, à donner une suite à son chef d’œuvre fondateur, LA NUIT DES MORTS VIVANTS. Ce sera « Dawn of the Dead », plus connu sous le titre ZOMBIE après que Dario Argento en ait supervisé un nouveau montage plus orienté sur l’action que sur la satire. Le producteur Fabrizio De Angelis y voit sans doute une bonne occasion de récolter un paquet de billets et propose à Lucio Fulci d’emballer une « préquelle au film de Romero qui sera baptisée ZOMBI 2 : L’ENFER DES ZOMBIES.

L’année suivante ZOMBIE HOLOCAUSTE, produit par le même De Angelis se verra rebaptisé opportunément ZOMBI 3 pour son exploitation américaine. Mais c’est sans compter sans les redoutables Claudio Fragasso et Bruno Mattei qui, en 1988, accouchent d’un ZOMBIE 3 officiellement attribué à un Lucio Fulci alors très affaibli par la maladie. Décidé à exploiter le filon, Fragasso rempile aussitôt avec un ZOMBIE IV – AFTER DEATH qu’il met lui-même en scène. A la même époque sortira encore un KILLING BIRDS de sinistre mémoire qui deviendra par un tour de passe-passe des plus suspect…ZOMBIE 5.

Mais nous n’en sommes pas encore là, revenons donc au titre qui nous occupe en ce jour. ZOMBIE IV débute sur une île tropicale. Quelques scientifiques y travaillent sur un vaccin destiné à guérir la leucémie qu’ils vont tester sur quelques indigènes, dont la fille d’un prêtre vaudou. Malheureusement cette dernière va décéder ce qui provoque le courroux du sorcier, lequel lance une malédiction qui réveille les morts. Carrément ! Tous de noirs vêtus dans leurs habits en lambeaux les morts vivants massacrent alors l’ensemble des scientifiques à l’exception d’une petite fille qui leur échappe inexplicablement.

 

20 ans plus tard notre gamine, devenue une jeune femme amnésique, revient sur l’île accompagné d’un commando mené par Jeff Stryker, vétéran du porno ayant eu le plaisir de connaître intimement la chipie Jamie Summers dans les deux volets de JAMIE LOVES JEFF. ZOMBIE IV poursuit ensuite son petit train-train par une visite touristique de l’île maudite où tout semble être resté en l’état depuis 20 ans, dans l’attente nos héros. Les bougies sont encore allumées, le sang s’écoule lentement d’un goutte à goutte et le « Livre des Morts » attend le premier imbécile suffisamment idiot pour en lire les invocations, un peu à la manière de Ash dans un quelconque EVIL DEAD. Vu le quotient intellectuel limité de nos soldats de fortune le spectateur n’aura pas à attendre longtemps : un crétin déclame les textes maudits et, bien sûr, les morts se lèvent et se mettent à agresser l’ensemble du casting. Ils n’hésitant pas, selon l’humeur à utiliser des armes, à prononcer quelques sentences définitives (« cela ne fait pas mal ») ou à marcher plus vite, renonçant à se trainer à leur manière coutumière pour piquer un sprint énergique comme si ils sortaient de L’AVION DE L’APOCALYPSE.

Durant les 45 minutes restantes, ZOMBIE IV va donc continuer sur ses rails, le cinéaste s’appliquant surtout à ne rien proposer d’original ou d’intéressant. Il éclaire ses maigres décors de lumières vertes et s’évertue à recréer une ambiance à la Mario Bava en dépit de moyens réduits et d’un talent absent. A certain moment même Lamberto Bava se voit pompé gentiment via des passages manifestement inspirés de son diptyque DEMONS. Très fort les références ! Pour atteindre la durée réglementaire, Fragasso n’a d’autres solutions que d’étirer au maximum son embryon d’intrigue, meublant par les déambulations du héros viril (mitraillette brandie et mâchoire crispée) et de son héroïne en péril (hurlant à qui mieux-mieux) au milieu des morts vivants léthargiques.

Techniquement très médiocre, ZOMBIE IV a été filmé aux Philippines avec un budget surement minimal. Les interprètes sont tous terriblement mauvais mais les dialogues ineptes et la mise en scène atrocement paresseuse auraient de toute façon ruinés les efforts d’acteurs plus talentueux. Pour aggraver son cas, ZOMBIE IV s’appuie en outre sur une bande sonore très répétitive probablement composée en une demi-heure sur un synthé bas de gamme par un musicien singeant maladroitement les rythmes de L’ENFER DES ZOMBIES ou les idées de John Carpenter. Seule la très kitsch chanson « Living After Death » se détache du lot par son côté heavy metal des années 80 des plus réjouissant.

Les nombreuses scènes gore parsemant le métrage manquent elles aussi de la moindre folie et ne parviennent même pas à maintenir un semblant d’intérêt. Les maquillages restent cependant l’aspect le plus satisfaisant du film et, en dépit de leur parfum de latex prononcé, sauront contenter les amateurs d’horreur à l’ancienne. Cette bonne dose de bolognaise et de viande avariée ne permet pas à ZOMBIE IV de s’élever très haut mais lui évite au moins de raser les pâquerettes.

La conclusion du métrage, enfin, est toute aussi incohérente que le reste, aboutissant à l’impression d’un film inachevé, dans lequel des pages entières de script se sont retrouvées aux abonnés absents. Lorsque défile le générique final seule subsiste l’impression de s’être fait mettre dans les grandes largeurs et d’avoir perdu 80 minutes de sa vie pour…rien, ou du moins pas grand chose.

Bref ZOMBIE IV est un ratage complet qui ne possède même pas le comique involontaire de ZOMBIE III, LE MANOIR DE LA TERREUR ou VIRUS CANNIBALE. A inscrire au palmarès des pires séries Z horrifiques italiennes des années 80, ce titre est à éviter et ne saura intéresser que les amateurs indécrottables de nanars gore.

Son édition en DVD (alors que tant de petits classiques restent honteusement inédits) laisse songeur et ne semble guider que par la volonté commerciale de surfer sur un titre porteur.

Fred Pizzoferrato - Février 2009